En 1996, au moment du déluge du Saguenay, un militaire qui œuvrait sur place comme paramédic de vol, nommé François Rivard, a bien perçu l’importance du besoin que comble les transports d’urgence héliportés pour les régions éloignées des grands centres urbains, pour les communautés autochtones et dans les endroits inaccessibles par la route. Il a été ensuite ébahi d’apprendre que ces transports, qui permettent de gagner un temps immensément précieux pour sauver des vies, soit si peu déployés au Québec. Cette choquante révélation l’a donc poussé à effectuer des recherches pour voir si l’implantation d’un tel service, qui serait offert par une entreprise civile, pourrait être viable chez nous, au Québec.
Sa quête d’informations lui a révélé que le service était non seulement offert dans d’autres pays, mais aussi dans d’autres provinces canadiennes. Un autre fait intéressant qui s’est démarqué, c’est que deux entreprises offrant des transports d’urgence héliportés ont tenté dans les années 80 et 90, Essor Hélicoptère et Héli-Max, de s’implanter au Québec, mais sans succès. L’interrogation s’imposait donc. Quelles sont les raisons qui ont mené à ce que ces entreprises abandonnent le projet. L’analyse qu’a faite François Rivard sur cette question l’a mené à comprendre qu’une telle entreprise doit parvenir à rassembler le plus grand nombre possible d’acteurs du milieu de la santé pour contribuer au bien des opérations. Pour l’ex-militaire, la conclusion est sans équivoque : le seul modèle pouvant être pérenne pour ce faire est celui d’un OSBL. François Rivard a donc décidé de relever le défi et fonda, en 2000, un OSBL qu’il nomma AirMédic.
Très rapidement AirMédic a fait ses preuves. Dès 2005, l’OSBL pouvait être fière de disposer de quatre bases pour couvrir l’ensemble du territoire québécois, à Chicoutimi, Trois-Rivières, Québec et Saint-Hubert et de pouvoir compter sur le travail de 142 membres d’équipage, médecins, infirmières, inhalothérapeutes et paramédic, en plus d’avoir réalisé près de 500 missions. C’est un tour de force plus qu’admirable qu’a fait François Rivard avec cet accomplissement.
En 2012, deux entrepreneurs se sont joints à François Rivard pour continuer l’œuvre de l’OSBL, mais sous la forme d’une entreprise privée. Ce qui a motivé les responsables d’AirMédic à permettre cette transaction, c’est la capacité qu’avait démontrée les nouveaux copropriétaires à apporter la liquidité requise et le fait qu’ils considéraient que les ponts avec les acteurs du milieu de la santé étaient suffisamment établis pour que les relations soient durables. Cependant, en 2014, François Rivard, insatisfait par des enjeux de gestion et d’orientation par rapport à la mission initiale, a quitté la nouvelle entreprise.
C’est en 2020 que François Rivard, guidé par la motivation de redonner au Québec une organisation sans but lucratif pour offrir un transport d’urgence héliporté accessible à tous les Québécois, a fondé avec un groupe de personnes du milieu de la santé et aérien, la coopérative de solidarité Helico Secours, dont je suis actuellement le directeur général. Nous avons jusqu’à présent, offert plusieurs raccompagnements et sommes fiers de toujours prioriser le bénéfice des patients à toutes autres considérations.
Le transport d’urgence héliporté au Québec suscite beaucoup d’intérêt, surtout depuis que le gouvernement a pris l’engagement de développer le secteur pour desservir toutes les régions. Les hélicoptères-ambulances feront désormais de plus en plus partie intégrante du milieu de la santé québécois. Il s’agit d’un secteur qui laissera sa trace dans notre avenir collectif, à coup sûr. L’histoire du transport d’urgence héliporté au Québec, elle est belle. Elle implique des personnes passionnées par le bien commun qui ont fait preuve de vision. Les faits qui constituent cette histoire méritent d’être correctement préservés au fil du temps.
Aujourd’hui, le transport d’urgence héliporté au Québec implique plusieurs centaines de travailleurs de la santé qui œuvrent avec passion pour le bien des Québécois, dont François Rivard. Cette lettre est une façon pour moi de leur rendre hommage.
Alain Vallières
Directeur général
Source : Alain Vallières
While snowmobiling in the Mauricie region, a 60-year-old man got stuck on a lake. Trying to free himself on his own, he lost both his boots and decided to walk back to his cottage. Once home, neighbours called for help. The man suffered deep frostbite in both lower limbs.
The decision to call for an air ambulance was the best thing that could have happened to him. To increase his chances of receiving specialized care quickly, he was flown directly to a specialized center in Quebec City and was able to avoid having his feet amputated. After a few months of recovery, he was able to return to his regular activities.
Fast service and timely specialized care increase the chances of survival and reduce the risk of long-term effects.
Helico Secours
During my first helicopter rescue mission in 2001 as a flight paramedic, I went to help a young forestry worker who had been in an ATV accident in the Lac Taureau area. We took charge of the patient, who had suffered a serious leg fracture. From that moment on, I understood just how important it is to have a rapidly available air ambulance service in such a situation.
It can happen to anyone, at any time.

Jonathan Radzvicia
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